Psychanacte

 

Existe-t-il une analyse qui ne soit pas un acte ? 

L’histoire de la psychanalyse est riche d’actes qui inaugurent, qui marquent un avant et un après, un checkpoint, un point de passage, a key moment, un hito, a milestone, a point of no return, un trait, une trace.

Freud a attendu un an pour publier L’Interprétation des rêves en 1900, En ce moment précis et pas dans un autre. Lacan a inauguré l’Ecole Freudienne de Paris en 1964, une année qui a marqué un jalon dans sa trajectoire ; en 1980, la même école a été dissoute en acte, marquant justement un événement. 

La coupe fait la marque, le cran. La bande de Möbius par rapport à la coupe permet d’y réfléchir. 

Lorsque l’on coupe un ruban de Möbius en son milieu, au lieu d’obtenir deux rubans distincts, on se retrouve avec un seul ruban plus long, mais replié sur lui-même, avec une torsion. En d’autres termes, la répétition n’est pas simplement une boucle fermée ou une forme statique.

 L’action de couper le ruban de Möbius implique une transformation qui ne revient pas au point de départ de manière linéaire, mais qui avance vers quelque chose de différent, générant une continuité distincte mais connectée au cycle précédent.

La coupe ne rompt pas le cycle, elle le modifie. La coupure est en acte, et l’acte constitue le dispositif analytique. L’acte de ne pas répondre à la demande, de ne pas recevoir ou de recevoir un cadeau de l’analysant, le passage au divan, la modification du montant à payer, le fait de le faire payer avec autre chose que de l’argent, les séances de temps variable, etc. 

Toute analyse se constitue en actes qui inaugurent une trace du réel qui permet de le border, d’en parler, de l’habiter. 

Psychanacte désigne cette relation indissoluble entre la psychanalyse et l’acte.

Virgilio Rodriguez

 


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